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ZOOM SUR LES METEORITES LUNAIRES

On sait que la vitesse de libération sur la Lune n’est que de 2,38 km/s, soit environ 3 fois la vitesse d'expulsion d'une balle de fusil. Lors de certains impacts d’astéroïdes, des morceaux de la croûte lunaire peuvent être éjectés facilement à une vitesse suffisante pour échapper à l'influence gravitationnelle.

Une partie des éjectas peut s'installer en orbite, une autre peut, à l'occasion d'un croisement de l'orbite terrestre, être attirée par notre planète. Ce transfert peut durer un certain temps, le record en la matière appartient à la météorite lunaire YAMATO 82192/82193/86032 qui aurait traîné 9 millions d'années entre les deux astres avant sa chute dans l'Antarctique (Pole Sud).

La composition chimique de ces météorites, le taux d'isotopes, les formations minérales, sont semblables aux roches collectées par les différentes missions Apollo entre 1969 et 1972. L'ensemble de ces caractéristiques donnent une signature particulière et unique. Par exemple toutes les météorites lunaires classées comme brèches sont riches en plagiocase du point vue minéralogique, mais ce sont aussi des silicates à calcium/aluminium en ce qui concerne leur composition chimique.

Nous savons d'autre part que les montagnes lunaires sont composées essentiellement (à 75-80%) de plagiocase. Les météorites lunaires résultent des multiples impacts d'astéroïdes sur le sol. Elles nous parviennent sous forme de " brèches ", mélange silicaté à grains fins (régolithe). On y trouve aussi des isotopes produits par réaction au rayonnement cosmique.

Comme pour les autres météorites, on les recherche soit dans les déserts chauds (collectionneurs, vendeurs, etc.) où elles se distinguent très difficilement des roches terrestres, soit sur le continent Antarctique (expéditions scientifiques américaines et japonaises), où des mécanismes de surface les concentrent naturellement sur la glace (dérive de glaciers le long du plateau continental).

Nous connaissons les météorites lunaires seulement depuis 1979 avec une première découverte faite en Antarctique. Bien évidemment, depuis toujours il tombe sur Terre des météorites en provenance de notre satellite. Si on n'a pas pu les identifier avant 1979, c'est en raison des difficultés à les différencier à l’œil nu des roches terrestres. Bien plus que les autres météorites, elles ressemblent par leur aspect minéral (silicate) et leur densité, au matériau de la croûte terrestre. En l'absence de croûte de fusion, il s'avère impossible de les identifier au milieu d'un champ cultivé ou d'une forêt ! Même au milieu d’un désert, les reconnaître demande beaucoup d’expérience. De plus, contrairement aux autres météorites, puisqu’elles appartiennent à la famille des achondrites, elles présentent très peu de magnétisme.

Les 382 kg de roches lunaires ramenées par les missions Apollo ont été analysées à la loupe. Et à ce jour, elles le sont toujours. Ces analyses permettent de confirmer à près de 100% la provenance de nos météorites dites lunaires. Mais aussi l’origine de la Lune elle-même (voir l’onglet « zoom : NWA 5363 »).

Situation géographique des trouvailles sur Terre

Il faut évoquer ici l’origine problématique des météorites Sahariennes. Contrairement aux pierres collectées sur les glaces de l'Antarctique, leur provenance dans le désert n'est pas connue avec précision. Les roches sont souvent découvertes par des nomades, des « touaregs », qui, après avoir été conseillés, ont pris l'habitude de ramasser tous les cailloux noirs reposant sur un sol clair. Leurs trouvailles sont ensuite vendues une misère à des marchands spécialisés dans ce type de commerce. Les météorites traversent ainsi les frontières. Certains pays, comme l'Algérie, interdisent pourtant formellement l'exportation des roches, minéraux et autres objets archéologiques. Mais les pierres quittent quand même le pays par contrebande, puis sortent "officiellement" du continent africain par un autre pays frontalier (souvent la Mauritanie ou le Maroc), annoncé parfois comme le lieu de la découverte. De fait, pour les météorites venant d'Afrique du Nord (les NWA), et sauf exception, il est quasi impossible de connaître le pays et le lieu de chute réel de la météorite. Lorsque de multiples fragments sont mis à jour par différentes équipes à des années d’intervalle, ce qui est souvent le cas, il est très difficile de savoir s'ils sont, ou non, appariés (c’est-à-dire, s’ils appartiennent à la même chute).

Certes, diront certains, c’est un problème, mais ce n’est finalement pas si grave de ne pas connaître le point précis de la chute, l’essentiel restant la pierre en elle-même et son origine spatiale.

Pour tout savoir sur les météorites lunaires et connaître la liste à jour de toutes celles connues :

https://sites.wustl.edu/meteoritesite/items/lunar-meteorites/

Quel bonheur de voir la Lune dans le ciel, et de pouvoir en même temps tenir dans sa main quelques grammes de sa surface !

Je possède un certain nombre de météorites lunaires. Voir au fil des pages les pièces en collection.

La surface lunaire :

Météorite lunaire de 73,5 grammes (page 19) :