Toutes les météorites sont précieuses !

La carbonée NWA 13482 :

NWA 13482

Il s'agit d'une rare chondrite carbonée CK5-6 avec également des clasts 7 ! Cette météorite fait partie d'un tout petit lot de pierres de seulement 311 g, très noires et toutes identiques, découvertes près de Ouargla en Algérie, fin 2019. Je détiens la masse principale avec 2 pierres (192 grammes).

Quelques petites pierres de ce lot ont aussi été achetées par Fabien KUNTZ afin d'être coupées. Voir le résultat ci-dessus à droite, révélant la structure interne tout à fait unique de cette CK.

Elle a été classée par le CEREGE d'Aix-en-Provence en octobre 2020.

Pierre complète de 83 grammes

Cliquez sur une image pour l'agrandir

https://www.lpi.usra.edu/meteor/metbull.php?code=72826

 

 

L'achondrite Howardite NWA 2698 :

NWA 2698

En mai 2003, une pierre complète de 922 g avec une jolie croûte de fusion est achetée à Erfoud (Maroc) par Michael FARMER. Elle sera ensuite analysée et classée comme étant une achondrite Howardite (NWA 1929), un fragment de surface de l'astéroïde VESTA.

L'année suivante, d'autres pierres identiques arrivent de la même zone de trouvaille sur le marché des collectionneurs. Elles seront analysées et baptisées NWA 2698, bien qu'elles soient toutes appariées à celle de FARMER.

A ce jour (janvier 2020), seulement 374 Howardites sont connues dans le monde.

Une pierre de 116,4 grammes a été coupée en deux. J'ai pu acquérir les 2 extrémités principales pesant respectivement 43,4 & 47,8 grammes.

Ci-dessus, le talon de 47,8 grammes avec sa large face polie

https://www.lpi.usra.edu/meteor/metbull.php?code=33191

Howardite NWA 2698... Voici mon autre moitié de 43,4 g :

Les 2 talons réunis de 43,4 & 47,8 grammes :

Photos de la pierre complète de 116,4 g avant sa découpe :

Pour en savoir davantage sur VESTA :

https://www.youtube.com/watch?v=IT5uk57KjYk

 

 

La météorite martienne NWA 12960 :

La pierre de 39 g d'où sont issues ces 2 tranches :

NWA 12960

Il s'agit d'un rare type de météorite classée achondrite Shergottite d'origine martienne (la famille des SNC). Quelques pierres pour un poids total de 94 grammes ont été découvertes en Algérie, courant 2019.

A noter que NWA 12960 est possiblement appariée à une première pierre de 3,3 Kg découverte en 2018, et qui a été baptisée NWA 12262.

A ce jour (février 2020), 206 météorites d'origine martienne de type "Shergottite" sont répertoriées. Les déserts chauds étant plus que jamais ratissés, toutes les découvertes récentes ont permis une offre plus abondante, et cela a fait tomber d'un bon tiers le prix au gramme de ces météorites par rapport à il y a 5 ans. Il se situe autour de 200€. Une belle opportunité pour les collectionneurs de posséder un fragment du sol de la planète Mars !

L'une des pierres de NWA 12960 pesant 39 grammes a été découpée en fin d'année 2019.

Tranches complètes de 6,9 & 7 grammes

https://www.lpi.usra.edu/meteor/metbull.php?code=70649

 

La météorite martienne NWA 12269 :

Débutant dans le négoce des météorites et recherchant des météorites martiennes, Jérémy BASSEMON acheta pour de la NWA 12269 ce lot de 78,6 g en mars 2020 auprès d'un négociant marocain réputé. Dès que Jérémy les a reçu, avant même qu'il ne décide d'envoyer une des pierres au CEREGE pour analyse et confirmation de l'origine martienne, je lui ai immédiatement acheté cette pièce. Et l'origine martienne fut rapidement confirmée par le CEREGE via la dénomination NWA 13486. Petit bonus pour ma pièce, il y avait un peu de croûte de fusion sur l'autre face !

Ci-dessus, encore dans les mains du marocain, ma pièce de 14 grammes désignée par une flèche.

NWA 12269

Plus de 2 Kg ont été découverts en Afrique du Nord Ouest début 2018 (Sahara Algérien à priori). Dès qu'il l'a vu, Mohamed AID a suspecté cette météorite d'être un type rare. Il l'a immédiatement acheté. C'était à Ouarzazate, au Maroc, en juillet 2018. Mohamed AID est un célèbre chasseur de météorites connu dans le monde entier pour ses découvertes de lunaires.

Confiée par ses soins à l'Université de Washington à Seattle (USA), la masse principale de 1,7 Kg a été analysée, puis classée (NWA 12269). Il s'agit d'une achondrite Shergottite d'origine martienne avec un assez faible degré d'oxydation terrestre.

Avec les quelques autres appariées classées ensuite, le poids total de cette chute est d'environ 2,3 Kg.

Fragment de 14 grammes avec de la croûte de fusion

https://www.lpi.usra.edu/meteor/metbull.php?code=72830

https://www.lpi.usra.edu/meteor/metbull.php?code=68608

LISTE DES METEORITES MARTIENNES :

http://www.nirgal.net/meteori_table.html

PREUVE DE L’ORIGINE MARTIENNE DES METEORITES "SNC" :

Après la sonde Viking à la fin des années 70, l’examen de l’atmosphère martienne par le rover Curiosity de la NASA confirme dès 2013, qu’effectivement, certaines météorites tombées sur Terre proviennent bien de la planète rouge ! Une nouvelle mesure clé de l’argon, gaz inerte présent dans l’atmosphère de Mars, effectuée par le laboratoire du rover, donne la preuve la plus définitive de l’origine martienne des météorites martiennes, tout en fournissant un moyen d’écarter l’origine martienne de toutes les autres météorites. La nouvelle mesure est un comptage à haute précision de deux formes d’argon (l’argon 36 et l’argon 38) réalisée par SAM (pour « Sample Analysis at Mars ») qui est le laboratoire embarqué dans le rover Curiosity. Ces formes plus légères et plus lourdes (« isotopes ») de l’argon existent naturellement dans le système solaire. Sur Mars, le ratio « normal » argon léger / argon lourd est faussé parce qu’une grande partie de l’atmosphère originale de cette planète a été perdue dans l’espace. La forme la plus légère de l’argon a été davantage perdue car elle monte au sommet de l’atmosphère plus facilement et demande moins d’énergie pour s’échapper. Cela a laissé l’atmosphère martienne relativement enrichie en isotope lourd, l’argon 38. Les années d’analyses effectuées par les scientifiques terrestres sur les bulles de gaz piégées à l’intérieur de météorites martiennes avaient déjà réduit le ratio de l’argon martien à une fourchette de 3,6 à 4,5 (c’est-à-dire 3,6 à 4,5 atomes d’argon 36 pour chaque atome d’argon 38). Les mesures des sondes Viking effectuées dans les années 1970 avaient placé le rapport atmosphérique martien dans la fourchette de quatre à sept. La nouvelle mesure directe de SAM effectuée sur Mars fixe maintenant le ratio correct à 4,2. «Nous l’avons vraiment épinglé», déclare Sushil Atreya de l’Université du Michigan. «Cette lecture directe, sur Mars, confirme définitivement l’origine martienne des SNC (famille des météorites martiennes)».

 

 

L'achondrite eucrite NWA 12958 :

NWA 12958

267 grammes de petites pierres ont été découvertes dans le nord-ouest du Sahara, puis vendues en 2019 depuis le Maroc par un négociant. Analysées ensuite en France au CEREGE, il s’est avéré qu’il s'agissait d’une rare achondrite classée « eucrite melt breccia » appartenant à la famille des HED. En effet, la météorite contient des inclusions claires centimétriques noyées dans une matrice brune.

Seulement 28 météorites de ce type sont connues à ce jour (mars 2020).

Jolie pierre complète de 48 grammes

avec une grosse inclusion claire en surface.

https://www.lpi.usra.edu/meteor/metbull.php?code=70647

 

 

La météorite lunaire NWA 13138 :

NWA 13138

Sa petite histoire : Une pierre de 16,7 grammes a été vendue pour un bout de Lune à un français de passage au Maroc, au début de l'année 2019. N'étant pas vraiment collectionneur, cette personne l'a mise à la vente sur Le Bon Coin pour s'en débarrasser à un prix dérisoire. Intrigué pas sa ressemblance avec certaines météorites lunaires connues, Jérémy BASSEMON a pris un petit risque et l'a acheté. Puis, après un passage dans le labo d'astrophysique de Bordeaux qui a confirmé sa probable origine lunaire, la pierre a été envoyée au CEREGE d'Aix en Provence pour confirmation d'analyses et classification. Ce qui fut fait et terminé en février 2020. Il s'agissait bien d'une roche originaire de La Lune !

Jérémy vient finalement de me la céder (avril 2020).

Talon de 12,4 grammes (la partie manquante est au CEREGE)

https://www.lpi.usra.edu/meteor/metbull.php?code=71186

 

 

La pallasite SERICHO :

La SERICHO de 1,2 Kg juste après découpe le 29 janvier 2019 :

SERICHO
En 2016, deux frères étaient à la recherche de leurs chameaux et sont tombés sur plusieurs grosses pierres, très denses, à l'ouest du village de Habaswein, au sud de Sericheo, au Kenya. Il n'y a pas de roches dans cette zone, alors ils ont pensé que c'était des météorites. Durant des semaines, Ils ont ensuite ramassé des centaines de spécimens avec des véhicules pour les stocker à leur domicile, à Habaswein. Les masses étaient en réalité connues des ber
gers de chameaux depuis des décennies. Un aîné du village a raconté qu'étant enfant, lui et ses frères jouaient avec les pierres. Au début du mois de janvier 2017, Michael Farmer a reçu un courriel avec une photo d'une pièce pesant 107 kg. Il a voyagé à Nairobi et a acheté cette pierre. Deux semaines plus tard, il retourna au Kenya avec Moritz Karl et se rendit à Habaswein. Là, on leur a montré plus d'une tonne de spécimens empilés dans les cours de deux maisons. Les deux collectionneurs ont évidemment acheté tout ce qu'ils trouvaient...
À ce jour (janvier 2020), plusieurs gros négociants à travers la planète parlent désormais d'un poids total dépassant largement les 3 tonnes, découverts dans une ellipse de chute longue de 45 Km, débutant à quelques km à l'ouest de Habaswein et jusqu'au sud de Sericheo, dans le comté de Isiolo. Les plus petits morceaux ont été trouvés plus près de Habaswein, mais toujours dans le comté de Isiolo. Le filon semble s'épuiser et on remarque que les prix commencent à grimper...
Les pallasites sont les plus belles météorites car elles contiennent des cristaux gemmes d'olivine. Deux théories s'affrontent de nos jours quant à leur origine. Soit ce sont des brèches d'impact constituées de fragments internes d'un astéroïde détruit par une collision. Soit elles proviennent d'une région particulière située entre le coeur et le manteau d'un petit astéroïde différencié, détruit lui aussi suite à une violente collision. A suivre...

Talon poli de 543 grammes

CLIQUEZ SUR LES IMAGES AFIN DE LES AGRANDIR

(Ci-dessus, à gauche, la pierre complète de 1,2 Kg avant sa découpe le 29 janvier 2019. Quelques semaines plus tard, j'avais acheté un des deux talons pesant 588 g. Il est présenté sur ce site à la page 13. En ce mois de janvier 2020, j'ai donc le plaisir d'acquérir cette autre moitié)

Toutes mes SERICHO achetées depuis début 2018 sont systématiquement passées au Rustol incolore afin de les protéger. Cela leur donne un aspect extérieur un peu plus sombre, et fait ressortir les olivines de surface. La météorite est souvent décrite comme non stable. Aucune de mes SERICHO ayant subit ce simple traitement n'a bougé depuis.

 

 

Une autre jolie SERICHO :

SERICHO 

Pallasite découverte en 2016 au Kenya (Afrique).

Cette météorite est encore abondante sur le marché (mi-2020), et les prix restent attractifs. Ce qui est rare pour une pallasite. Il faut en profiter. Les tranches et les talons qui sont coupés à partir de grosses pièces sont de toute beauté. Une fois traités, ils ne bougent plus. La structure interne révèle des olivines gemmes, noyées dans la matrice de fer. Ce sont de magnifiques pièces de vitrine.

Spécimen complet de 909 g

INFO de l'été 2020 :

Les pallasites sont les plus belles météorites car elles contiennent des cristaux gemmes d'olivine noyés dans une matrice de fer/nickel. Deux théories s'affrontaient quant à leur origine :

Soit elles étaient des sortes de résidus d'impact constituées de fragments d'astéroïdes distincts, détruits dans un premier temps suite à une collision, mais ayant réussi à se mélanger et à s'agglomérer d'une façon ou d'une autre formant ainsi un nouveau matériau (probablement par percolation du fer/nickel).

Soit elles s'étaient formées et provenaient d'une région bien particulière située entre le coeur et le manteau d'un petit astéroïde différencié (ayant volé en éclats lui aussi, suite à une violente collision, nous donnant les météorites que nous connaissons).

Des résultats publiés durant l'été 2020 concluent à la première hypothèse !

Les pallasites sont des résidus d'impact !

La genèse des pallasites fait intervenir une collision entre un corps céleste contenant déjà un noyau de fer et de nickel liquide et un autre objet de plus grande taille. L’alliage de Fe-Ni se serait alors injecté dans le manteau minéralogiquement proche des péridotites terrestres du plus grand astre, percolant entre des grains d’olivine avant de se refroidir et de se solidifier.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/physique-meteorite-fin-mystere-origine-pallasites-42766/