Toutes les météorites sont très précieuses

Chondrite carbonée CK4

Hah280 1

Hammadah al Hamra 280 (HaH 280)

Une météorite de 26,5 Kg a été découverte en Mars 2000 en Libye. Analysée en Allemagne, elle a été classée en chondrite carbonée CK4.

Elle est appariée à une autre pierre de 3,6 Kg baptisée HaH 281 et découverte à proximité la même année.

Plaque fine polie de 6,4 grammes.

Les chondrites de type CK sont nommées d’après la météorite de Karoonda, tombée en Australie en 1930. Le nombre de météorites de cette classe est resté très limité jusqu’à la découverte de la richesse des déserts chauds et froids (38 de ce type dans les collections mondiales en 2016). 
 On a pensé pendant très longtemps que, comme les autres chondrites carbonées, les CK restaient proches du type primitif 3 (la majorité étaient soit classifiées CK3, soit CK4). La découverte de météorites de type CK5, puis CK6, a montré qu'une altération métamorphique, même intense, était monnaie courante pour ce groupe de chondrite, au contraire des autres classes de chondrites carbonées pour lesquelles cela reste exceptionnel.  
De nature très oxydées et très riches en matrice (75%), les CK sont rapprochées des CO et des CV de par leur rapport isotopique de l’oxygène, et par certains comportements chimiques proches. Il est d’ailleurs à noter que quelques chondrites CK furent tout d’abord classifiées en CV4 ou CV5...

La météorite CARANCAS

Carancas crater perou
Carancas 1 2 g

CARANCAS    -   16°39'52''S     69°02'38''W

Le 15 septembre 2007 à 11h40, une météorite s'est écrasée près du village de Carancas, dans la région de Puno au Pérou, à proximité de la frontière bolivienne et du lac Titicaca. L'impact créa un cratère de plus de 13 mètres de diamètre et de 4,5 mètres de profondeur. Juste avant sa chute, une boule de feu très lumineuse avait été observée haut dans le ciel, suivie d'une longue trainée de fumée. Quelques instants plus tard, le choc de l'impact brisa les fenêtres du dispensaire local situé à un kilomètre de là. Le bruit et l'explosion amenèrent d'abord les Péruviens à penser à une attaque de leur voisin chilien. Mais, le 20 septembre, des scientifiques péruviens confirmèrent qu'il s’agissait bien d’un impact météoritique.

De nombreux fragments de la météorite dispersés autour du cratère ont été ramassés par les villageois dès sa chute.

La météorite a été classée en chondrite H4-5 W0/S3.

Fragment de 1,2 gramme.

L'incroyable météorite ALMAHATA SITTA (2008 TC3)

2008tc3 avant sa chute le 6 10 2008
2008tc3 trajectoire
2008tc3 trainee le 7 10 2008
Tc3 recherche 1
Tc3 recherche 2
Almahata sitta in situ
Almahata sitta

ALMAHATA SITTA (2008 TC3)

Il s’agit de fragments de l'astéroïde 2008 TC3 qui a été détecté dans l'espace quelques heures avant sa rencontre avec notre planète où il s’est écrasé en une pluie de pierres le 7 octobre 2008, à 05h46mn heure locale, après avoir explosé à 37 kilomètres d'altitude au-dessus du désert de Nubie, au Soudan (Afrique).

Environ 600 petits fragments de 0,2 à 379 grammes, pour un poids total de 10,7 kilos, ont été découverts par les différentes équipes scientifiques sur une zone de 100 Km2. Toutefois, cette météorite, baptisée "Almahata Sitta", s'est avérée être très énigmatique dès les premières trouvailles. Les chercheurs ont tout d'abord pensé qu'ils avaient affaire à différentes ellipses de chute superposées. Mais en fait, pas du tout ! La lithologie dominante est bien celle d'une achondrite ureilite. Mais on trouve des ureilites grossières et d’autres plus fines. Viennent ensuite des enstatites EH3, EH5, EL3/4, EL6, une EH4/5 noire et choquée, différents types d’impact-melts et de brèches EL et EH. Puis, ont également été trouvées, des chondrites ordinaires incluant H5, H5/6 et L4, avec aussi un assemblage métal-sulfures associé à une lithologie d’ureilite à grain fin. Bref, c'est d'un véritable mixage de différents types dont il s'agit ! L’étude de toutes les pierres se poursuit…

Il en ressort que l'astéroïde 2008 TC3 (Almahata Sitta) est le résultat de nombreux corpuscules très différents qui se sont agglomérés par gravité dans l’espace, sans que jamais des forces plus grandes ne le disloquent. Jusqu'à ce qu'il rencontre la Terre en ce 7 octobre 2008...

Plaque polie de 0.530 g issue d'une pierre de type "chondrite enstatite EL6" (14 x 8 x 1 mm)

https://www.lpi.usra.edu/meteor/metbull.php?code=48915

Pour découvrir la liste de toutes les lithologies de ALMAHATA SITTA, dont celle de ma pièce en collection MS-MU-007 :

http://www.meteoritestudies.com/protected_ALMMS181.HTM

VALERA, la tueuse de vache !

Valera
Valera 2

VALERA

Dans la soirée du 15 octobre 1972, une météorite s'écrase après de violentes détonations près de la ferme El Tinajero, au Venezuela (Amérique du Sud). Le propriétaire et ses invités pensent d'abord que le bruit est du a un gros orage, et ils ne s'en inquiètent pas. Mais le lendemain matin, le Dr Gonzales et Juan Delgado trouvent une vache morte et une météorite fragmentée en 3 morceaux (38, 8 et 4 Kg) à quelques pas de la vache. Ils comprennent vite qui est le coupable... La météorite restera jusqu'en l'an 2000 dans le jardin de la ferme. Ce n'est que lorsqu'un visiteur fera remarquer au propriétaire des lieux qu'il a une authentique et précieuse météorite en sa possession que l'histoire de la vache tuée par une pierre tombée du ciel fera le tour du monde et rendra enfin célèbre la météorite de VALERA. Elle a été classée chondrite L5.

Plaque polie de 4 grammes.

L'eucrite CAMEL DONGA

Camel donga 14g

CAMEL DONGA

30°19'S - 126°37'E

Découverte en janvier 1984 dans le désert Australien de Nullarbor Plain, cette météorite a été classée en achondrite eucrite riche en calcium.

C'est une très jolie météorite qui présente une croûte de fusion fraîche avec de magnifiques lignes de fuite. Avec la chute de "MILLBILLILLIE", elles furent dans les années 1990 les eucrites Australiennes les plus abondantes du marché.

Pierre avec ses 2 petits fragments (qui la rendent complète) de 14 grammes.

Achondrite EUCRITE de 78 grammes

Eucrite 78 g

Achondrite EUCRITE de 88 g

Eucrite 88 g a
Eucrite 88 g b

 Les météorites de type « eucrite » font partie des achondrites astéroïdales, et plus particulièrement des HEDO (Howardites, Eucrites, Diogènites, diogènites à Olivine). Elles proviennent de l’astéroïde Vesta 4 découvert en 1807 par l’astronome Heinrich Ölbers. Elles sont le résultat du refroidissement d’un magma à proximité de la surface. Si les eucrites sont facilement distinguables des chondrites par leur structure de roche ignée, elles ressemblent par contre énormément aux roches basaltiques terrestres puisque leur mécanisme de formation est très comparable. La croûte de fusion est souvent un élément déterminant pour les identifier au sol par les chasseurs de météorites.

NWA 10475 : achondrite eucrite bréchique

Nwa 10475

NWA 10475

Une météorite de 46 grammes couverte d'une belle croûte de fusion a été découverte dans le désert du nord-ouest de l'Afrique, puis achetée à un revendeur en 2015 à Agadir, au Maroc.

Elle a été classée en achondrite eucrite bréchique.

Tranche fine complète de 3 grammes (29x18mm).

 

Achondrite "diogénite" de 16,7 grammes

Diogenite

Les « diogénites » sont nommées d’après Diogène de Sinope, qui fut l’un des rares philosophes grecs à reconnaître l’origine véritable des météorites.  Ce sont des roches composées presque en totalité d’orthopyroxène, un minéral très riche en magnésium, mais elles peuvent cependant contenir des minéraux annexes tels que de l’olivine ou du plagioclase. Les diogénites se sont formées par cristallisation lente d’un magma de grande profondeur ayant refroidi sur un temps très long.  Le plus généralement, les diogénites sont des assemblages de fragments minéraux issus d'un seul type de roche, ce qui se comprend au regard de l’impact cataclysmique qui a été capable de les arracher à la croute profonde de Vesta. Les exemples polymictes (mélange de plusieurs types de roche) sont toutefois extrêmement rares...

Pierre complète à 90% de 16,7 grammes.

NWA 11273 : une météorite d'origine lunaire !

Nwa 11273 lunaire 1 5 g a
Nwa 11273 lunaire 1 5 g b
Nwa 11273 a

Météorite lunaire appariée à NWA 11273

Plus de 2,8 Kilos de fragments d'une rare météorite ont été découverts en avril 2017 près de Tindouf, en Algérie. Elle vient d'être classée par le Dr Anthony Irwing de l'Université de Washinton (juin 2017) en achondrite d'origine lunaire de type "feldspathic regolith breccia".

C'est une découverte exceptionnelle qui rend pour un temps un peu plus accessible au niveau prix les roches lunaires...

Pour en savoir davantage, consultez le "Meteoritical Bulletin N° 106" publié le 13/10/2017.

https://www.lpi.usra.edu/meteor/metbull.php?code=66064

Spécimens complets de 1,5 g (en haut) et de 6,6 grammes ci-dessus.

La météorite martienne NWA 6963

Nwa6963
Meteorite martienne

Northwest Africa 6963 (NWA 6963)

28°00.148'N   11°07.895'W

En septembre 2011, un chasseur de météorites marocain trouve la première pierre et la vend sans donner l’indication du lieu de sa découverte. Il s’avère que c’est un type rare, une météorite martienne de type Shergottite. Le chasseur retourne sur place et poursuit ses recherches sur le même secteur durant 6 mois et trouve quelques autres spécimens. A la mi-mai 2012, le lieu des découvertes dans le sud du Maroc est divulgué et des centaines de chasseurs de météorites se ruent sur place. Au total, c’est près de 10 Kilos qui auront été découverts. Certaines pierres présentent une très belle croûte de fusion noire.

Plaque fine polie de 0,72 gramme (19x12mm).

TISSINT : 5ème météorite martienne en chute observée !

Tissint
Tissint meteorite1 w

TISSINT

29°28.917’N, 7°36.674’W

Tata, Maroc, tombée le 18 juillet 2011

Classification: météorite martienne Shergottite picritique (roche magmatique riche en olivine)

Vers 2 heures du matin, le 18 juillet 2011, une brillante boule de feu illumine le ciel et est observée par de nombreuses personnes dans la region de «Oued Drâa Valley», à l‘est de Tata, au Maroc. Un témoin, Mr Aznid Lhou, rapporte que la trainée était d’abord de couleur jaune, puis verte, illuminant toute la région. Deux explosions retentissent quelques minutes plus tard. Malgré les recherches dans la région, ce n’est qu’en octobre 2011 que des nomades commencent à trouver près du village de Tissint de jolies petites pierres à la couleur gris/vert, plus ou moins couvertes d'une belle croûte de fusion noire, fraîche et luisante. Très vite, quelques centaines d'autres spécimens sont découverts pour un poids total de l’ordre de 12 kilos, avec une pièce majeure de 987 grammes.

Il s’agit de la 5ème météorite martienne dont on observe la chute !

Pierre complète à 80% de 0.489 gramme.

Y aurait-il d'évidentes traces de vie sur Mars dans la météorite TISSINT ?
Depuis sa découverte, la météorite Tissint a été étudiée sous toutes les coutures par de nombreuses équipes. "Son origine martienne a été confirmée dès les premières études, et elle n'est plus remise en cause aujourd'hui" précise Philippe Gillet, chercheur à l'École polytechnique fédérale de Lausanne et co-auteur de l'étude. Les chercheurs précisent également que la roche montre des signes de plusieurs chocs d'une extrême violence, au point de créer des poches et des fissures à l'intérieur. Et c'est à l'intérieur de ces fissures, au plus profond de la roche, que les chercheurs ont débusqué des molécules organiques pouvant être la signature de la présence d'une vie (actuelle ou passée) telle qu'on la connaît sur Terre.
"La contamination terrestre des roches martiennes est un problème majeur dans ce type d'études" reconnaît la publication. Mais les chercheurs rappellent que cette météorite présente l'avantage d'être "fraîche". Elle est tombée en juillet 2011 et a été récupérée 3 mois à peine après sa chute, chiffre la publication. Un temps que les chercheurs estiment trop court pour que des molécules organiques aient pu s'infiltrer aussi profondément dans les plus petites fissures de la roche. "La plupart de la matière organique a été retrouvée dans des veines rocheuses d'un diamètre inférieur à 10 micromètres" précise la publication. Insérer de la matière organique aussi profondément au cœur de la roche nécessite l'action de l'eau pour véhiculer ce "fluide organique". Mais l'eau est justement relativement rare dans l'environnement aride du désert marocain où elle est tombée, rappellent les chercheurs. Cette matière organique semble donc venir de Mars. En quoi consiste exactement cette matière organique retrouvée dans la météorite ? Il s'agit d'un "kérogène", c'est à dire une sorte de goudron contenant des composés tels que du carbone (C) et de l'hydrogène (H) mais également de l'azote (N), de l'oxygène (O), du chlore (Cl) du fluor (F) du soufre (S) et du phosphore (P).
Les chercheurs ont mesuré dans ces échantillons de matière organique le rapport entre la quantité d'hydrogène et de l'un de ses isotopes naturels : le deutérium. Ils ont constaté une grande richesse en deutérium, "caractéristique des matériaux que l'on retrouve habituellement sur Mars" précise la publication. En effet, sur Terre, la matière organique est plutôt pauvre en deutérium. Cette matière organique est donc assez différente dans sa composition de celle que l'on a l'habitude de rencontrer sur Terre. De ce premier fait, il est impossible qu'elle provienne d'une contamination de l'échantillon par de la matière organique terrestre. Les chercheurs en déduisent donc que ces inclusions de matière organique à l'intérieur de la roche ont été effectuées à la surface de la planète Mars. Autre élément qui soutient cette affirmation : une partie de la matière organique contenue dans la météorite a été transformée en diamant sous l'effet d'un impact colossal. Un impact suffisamment puissant pour éjecter ce fragment de sol martien dans l'espace ! Enfin, le rapport isotopique, lui aussi, laisse penser à une origine biologique. Reste donc la plus épineuse des questions : quelle est l'origine de cette matière organique ? S'agit-il d'une simple suite de réactions chimiques, ou du résultat d'une activité biologique caractéristique de la vie ? Des études précédentes conduites sur cette même météorite en 2012 penchaient pour la première hypothèse : cette matière organique proviendrait de la cristallisation à très haute température du magma à partir duquel s'est formé la météorite. Mais selon Philippe Gillet, le scénario le plus probable est que ce kérogène ait été déposée à basse température dans ces fissures près de la surface de Mars, par infiltration d'un liquide riche en composés organiques d'origine biologique. Pourquoi biologique ? La réponse provient de l'analyse des quantités respectives des isotopes du carbone. En effet, le carbone existe sous forme de plusieurs isotopes : 12C et 13C (stables), 14C (radioactif). Or, dans le monde vivant, les cellules photosynthétiques (autrement dit végétales) ont tendance à fixer plus facilement le carbone 12 que le carbone 13. De ce fait, au fil de la vie d'une plante, son taux de 12C augmente petit à petit tandis qu'on observe un déficit de 13C.
L'observation d'un tel décalage dans le rapport isotopique de la matière organique plaide pour la signature d'une activité biologique. En effet, si cette matière avait été produite par une simple réaction chimique, la quantité de carbone 12 et de carbone 13 retrouvée dans les échantillons de matière organique aurait dû être très proche de celle que l'on rencontre dans l'atmosphère martienne. Or, tel n'est pas le cas. Les chercheurs ont découvert un taux particulièrement bas de l'isotope de carbone 13 dans la matière organique que renferme la météorite de Tissint. Et les relevés montrent que cette différence de rapport isotopique (13C)/(12C) est la même que celle que l'on rencontre sur Terre entre de la matière organique d'origine biologique (du charbon par exemple) et le carbone de l'atmosphère terrestre. Pour les chercheurs, seule une activité biologique peut être responsable d'un tel décalage dans les isotopes de carbone.
Si ces scientifiques ont raison, cela veut dire que Mars a bien accueilli, dans son lointain passé, une forme de vie semblable à celle que l'on trouve aujourd'hui sur la Terre. Philippe Gillet exprime dans un communiqué être ouvert à ce que d'autres études viennent nous contredire. "Mais nos conclusions sont toutefois de nature à relancer activement le débat consacré à l'existence possible d'une activité biologique sur Mars, du moins dans le passé".
De passionnants débats en perspective !

La martienne NWA 7397

Nwa 7397
Nwa 7398

NWA 7397

27° 20,152' N  -  12° 07,507' O

Découverte courant du 1er semestre 2012, une pierre de 2,130 Kg partiellement recouverte de croûte de fusion s'est avérée être une achondrite Shergottite Poikilitic d'origine martienne.

(Analyses : Université de Washington à Seattle).

Fragment de 0,3 g et 10x8mm

L'exceptionnelle Chassignite NWA 2737

Nwa 2737

NWA 2737

NWA 2737 est une chassignite. Il s'agit du type de météorite le plus rare puisqu'il n'existe actuellement (juillet 2017) que 3 chassignites au monde !
La première chassignite appelée "Chassigny" est tombée en France, en 1815, près du village de Chassigny, en Haute-Marne.
L'analyse des isotopes a montré que NWA 2737 appartenait bien à la famille des météorites martiennes, en dépit de son aspect bien particulier.
En effet, contrairement à Chassigny qui a une couleur plutôt verdâtre due à l'olivine, NWA 2737 est composée d'un matériel très sombre car l'olivine de cette météorite a subi de très fortes pressions.

Découverte en 2000, 611 grammes en 9 fragments composent cette trouvaille : 308 g, 128 g, 74 g, 47 g, 38 g, 6.4 g, 3.3 g, 2.0 g, et 4.3 g. Mais ce n'est qu'en 2005 que, soumise à l'analyse, elle va se révéler être une météorite exceptionnelle.

Plaque fine polie de 6x5mm

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