Toutes les météorites sont précieuses !

La carbonée CO3 nommée NWA 6446

NWA 6446

Une pierre de 156 grammes, découverte en 2010, a été achetée par Fabien Kuntz en octobre 2012 à un revendeur de Zagora, au Maroc.

Elle a été classée en chondrite carbonée CO3.

Talon de 111 grammes, une face polie - Masse principale

https://www.lpi.usra.edu/meteor/metbull.php?code=52772

Les chondrites de type CO sont nommées d’après la première chute du genre, celle d’Ornans, dans le département du Doubs (France), le 11 juillet 1868. Le peintre Gustave Courbet, originaire de cette ville, a transporté lui-même une partie de cette météorite pour la confier au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris. Il est intéressant de noter que la météorite d’Ornans ne ressemble pas du tout aux autres membres de sa classe ! En effet, elle possède une couleur matricielle « gris souris » au lieu du noir prononcé rencontré couramment. Très friable, elle se réduit facilement en poudre, alors que les CO sont au contraire usuellement des roches plutôt solides. Malgré la rareté de ce groupe, les CO ont une deuxième représentante française, la météorite de Lancé, tombée presque 5 ans jour pour jour après celle d’Ornans.

Les CO, toutes de type pétrologique 3, semblent présenter de grandes affinités chimiques avec les CV (et parfois avec les CK), malgré une structure macroscopique très différente. Elles montrent aussi un contenu en fer à l’état métallique plus haut que celui des CV, d’où une zone de formation probablement différente dans la nébuleuse solaire primitive.

La chondrite de Rumuruti : AWSSERD

AWSSERD

Seize pierres très fraîches pour un poids total de 924 grammes ont été découvertes le 10 janvier 2017 à 5 Km du village d'Aousserd de la région de Dakhla, au Maroc, dans l'ouest du Sahara.

Cette météorite rare a été classée chondrite de Rumuruti R4. On a tout d'abord cru que toutes les rumurutites étaient sans exception de type pétrologique 3, et de ce fait quasiment inchangées depuis la genèse du Système Solaire. Mais nous possédons aujourd'hui des exemples de types R3, R4, R5, R6 et même des pierres bréchiformes mélangeant différentes pétrologies, comme des R3-5 ou des R4-6. Ces météorites contiennent en premier lieu de l'olivine, du pyroxène, de la troïlite, le ferronickel étant presque absent. De plus, elles détiennent le record de pauvreté en oxygène-16 de toutes les météorites !

Pierre complète de 34 grammes (avec une petite fenêtre polie)

https://www.lpi.usra.edu/meteor/metbull.php?code=66144

Les chondrites de Rumuruti sont de très rares météorites (93 répertoriées à début 2019). On a autrefois connu ce groupe sous la dénomination « Lacs Carlisle Meteorites », suite à une météorite qui fut trouvée dans ce lieu, en Australie, en 1977. Le groupe est depuis l'année 1993 renommé R, pour "Rumuruti", suite à une chute observée au Kenya, en 1934. La Météorite de Rumuruti est d’ailleurs la seule chute observée de ce groupe, et seulement un petit fragment a été préservé depuis 1938 dans la collection du Musée Humboldt de Berlin, en Allemagne. La plupart des chondrites R sont parfois bréchiques.

Une chondrite fragmentée

Meteorite in situ 2
Chondrite ordinaire fragmentee
Chondrite d atacama chili

 Chondrite du désert d'Atacama (Chili)

Découverte en novembre 2009 par Jim LABENNE à mi-chemin entre la route Panamerica et la mine de Guanaco, dans le désert d'Atacama, au Chili, il s'agit d'une météorite de type chondrite ordinaire.

 A cause du temps passé sur Terre depuis sa chute, la météorite a fini par se fissurer et se fragmenter sur le sol. Au moment de sa découverte, elle était dispersée sous la forme d'une myriade de morceaux plus ou moins gros, les uns à coté des autres. Certes, la météorite a perdu sa fraîcheur et de sa valeur scientifique, mais elle reste tout de même un rare échantillon de la ceinture d'astéroïdes située entre Mars et Jupiter...

Poids de la pierre reconstituée : 1050 grammes

La météorite AL HAGGOUNIA 001

AL HAGGOUNIA 001

(Appariée à NWA 002 - 1067 - 2736 - 2828 - 2965)

Les toutes premières pièces de cette météorite ont été découverte en 1999 (NWA 002). Elles ont été excavées pour certaines jusqu’à 60 cm sous la surface d’un lac salé à sec (comme sur la photo ci-dessus), situé à 30 km à l'est d'Al Haggounia, dans le Sahara marocain. On sait maintenant que le météore serait tombé il y a environ 23 000 ans (+/- 2000 ans). Les spécimens découverts sont tous fortement altérés par les précipitations intermittentes et le rayonnement solaire intense. Les fractures ont agi comme des chenaux d’altération pour faciliter la modification aqueuse. A l’origine, il s’agissait probablement d’une chondrite à enstatite. Une classification rare de météorite qui présente ici l’intérêt supplémentaire d’être fossilisée. Environ 3 tonnes ont été trouvées sur le sol, ou en creusant (pour les plus grosses pièces). L’ellipse de chute s'étend sur une cinquantaine de kilomètres. La surface des spécimens est brun rouille en raison d'une altération importante. Dominés par l’enstatite et le plagioclase, la classification aboutie soit à une achondrite Aubrite, soit à une chondrite à Enstatite L6, selon les labos. Mais difficile de trancher. 

Pièce complète de 42 grammes

 

La météorite DAVY(a)

DAVY(a)

Il s'agit d'une chondrite classée L4 découverte au Texas en 1940. Une météorite historique pour les Etats Unis. Le poids total est de l'ordre de 50,6 Kg.

Plaque polie de 26,4 grammes

(provenance Blaine REED)

La météorite KHENEG LJOUAD

Kheneg meteorite 3 3g
Kheneg meteorite 3 3 g

KHENEG LJOUAD

Le 12 juillet 2017, un peu après 23 heures, un brillant météore a été aperçu terminant sa course au sud-ouest de Tata, au Maroc. Une série de BOUM soniques ont été entendus dans tout le sud du Maroc. L'évènement a été retransmis à la télévision nationale. Le point de chute se trouvait dans une zone militaire, près de la frontière avec l'Algérie. Moins de 12 heures après l'observation du météore, les premières pierres étaient découvertes.

La météorite a été classée en chondrite LL5/6.

https://www.lpi.usra.edu/meteor/metbull.php?code=66103

Pierre avec un peu de croûte de fusion fraîche de 3,3 grammes

L'achondrite Howardite SARICICEK !

Saricicek bingol a
Saricicek bingol b
Bingol meteorite search

Météorite SARICICEK - Province de BINGOL - Turquie

Après l'observation d'une boule de feu traversant le ciel en trombe, une pluie de petites pierres s'est abattue le 2 septembre 2015 sur le village de Saricicek et ses alentours. Il s'agit d'une rare achondrite Howardite.

La météorite est originaire de l'astéroïde Vesta 4 qui circule entre Mars et Jupiter.
Le poids total est de l'ordre d'une quinzaine de kilos. La plus grosse pierre pèse 680 g. 

Demi-pierre de 5,75 grammes avec croûte de fusion fraîche présentant des lignes de fuite.

La lunaire NWA 11460

Lunaire nwa11460 a 2
Lunaire nwa11460 b 2

Météorite lunaire NWA 11460

Northwest Africa 8046/ 10309/ 10461/ 10609/ 10643/ 10649/ 10756/ 10822/ 10901/ 11029/ 11266/ 11269/ 11273/ 11303/ 11379/ 11428

Northwest Africa 8046 possible pairs: 2425/ 11228/ 11273/ 11331/ 11367/ 11407/ 11421/ 11444/ 11457/ 11474/ 11515/ 11517/ 11532/ 11695/ 11783/ 11787/ 11788/ 11789 11801 / 11828 / 11871 (dernière mise à jour le 1/8/2018)

93,5 Kilos de fragments d'une rare météorite ont été découverts entre 2012 et 2018 près de Tindouf, en Algérie. Elle a été classée par le Dr Anthony Irwing de l'Université de Washinton en achondrite bréchique d'origine lunaire.

C'est une découverte exceptionnelle qui rend pour un temps un peu plus accessible au niveau prix les roches lunaires...

Pour en savoir davantage, consultez le "Meteoritical Bulletin N° 106" publié le 13/10/2017.

https://www.lpi.usra.edu/meteor/metbull.php?code=66146

Talon mince de 12,8 grammes.

La météorite martienne NWA11668

NWA 11668

Appariée à Northwest Africa 8656 / 8657 / 10016 / 10375 / 10441 / 10593 / 10628 / 10703 / 10728 / 10994 / 11044 / 11288 / 11746 / Tindouf 002 / 12412

Nouvelle découverte faite en mars 2018 par Salamu Hamad. Il s'agit de quelques très beaux spécimens d'une achondrite Shergottite (basalte) d'origine martienne dont l'ellipse de chute est connue depuis 2014 (NWA 8656, Algérie, Afrique du Nord). En ce début d'année 2019, le poids total récupéré sur la zone est de l'ordre de 3,7 Kg.

Exceptionnelle pierre complète de 5,5 grammes avec sa croûte de fusion

(certificat d'authenticité : Salamu Hamad)

https://www.lpi.usra.edu/meteor/metbull.php?code=66796

La pallasite SPRINGWATER

Springwater 76 grammes 2
Springwater pallasite
Springwater 76 grammes 1

SPRINGWATER

Météorite de type pallasite découverte près de Springwater (Saskatchewan) au Canada en 1931.

Le poids total est de l'ordre de 120 Kg. Trois masses de 10,6 - 18,6 et 38,6 Kg ont d'abord été découvertes. Puis, en 2009, un autre spécimen de 53 Kg a été mis à jour. Ce dernier est exposé au Royal Ontario Museum.

Plaque polie de 76 g et 130x90x3mm

(Coupée et polie par Michael FARMER)

La météorite "CAMPO DEL CIELO"

CAMPO DEL CIELO

« Campo del Cielo » est le nom donné à des fragments d’une météorite découverte en Argentine. Couvrant une superficie de plusieurs dizaines de km², la zone d'impact du même nom est criblée d'une vingtaine de cratères créés par la fragmentation dans la basse atmosphère d'un objet de 5 mètres de diamètre, il y a un peu moins de 5000 ans. Ces cratères et ces fragments métalliques sont mentionnés depuis 1576, mais sont connus des habitants de la région depuis encore plus longtemps.

Le gouverneur d'une province du nord de l'Argentine (alors colonie espagnole) commissionne l'armée en 1576 pour rechercher une grande masse de fer que les Indiens utilisent pour leurs armes. Ceux-ci prétendent que cette masse est tombée du ciel dans un endroit qu'ils appellent Piguem Nonralta, traduit par les Espagnols en Campo del Cielo (Champ du Ciel). L'expédition militaire trouve une grande masse de métal sortant du sol. Elle suppose qu'il s'agit d'un filon métallique et rapporte quelques échantillons, décrits comme d'une pureté inhabituelle. Le gouverneur documente l'expédition et dépose le rapport dans les Archives générales des Indes à Séville où il est rapidement oublié.

Par la suite, de nombreux fragments sont trouvés dans la région, leur masse allant de quelques grammes à plusieurs tonnes. Une masse d'une tonne, Otumpa, est localisée en 1803. Découpée, sa partie la plus importante (634 kg) est amenée à Buenos Aires en 1813, et donnée ensuite au British Museum. Le plus gros fragment de 37 tonnes est localisé en 1969 par un détecteur de métaux à une profondeur de 5 mètres. Nommé « El Chaco », il s'agit du plus gros morceau de cette météorite (voir photo ci-dessus).

La masse totale des milliers de fragments récupérés sur le site dépasse maintenant les 100 tonnes, faisant de Campo del Cielo l'une des plus grosses chutes de météorites sur Terre. Le plus gros morceau (37 t), est d'ailleurs la deuxième plus grosse météorite après celle de Hoba (60 tonnes – Namibie, Afrique du Sud).

La météorite est classée en sidérite IAB. https://www.lpi.usra.edu/meteor/metbull.php?code=5247

Fragment complet de 14,8 kilos

MERCI A LUC LABENNE !

Toutes les sidérites ont en commun un même mécanisme de formation. Elles dérivent toutes des chondrites, qui, par agglomérations successives, ont formé dans le Système Solaire primitif des corps de plus en plus massifs. C'est au delà d'une taille de 200 Km que la gravité l’emporte, les rendant sphériques. On assiste alors à une séparation entre le fer et les silicates, aidée par des échauffements dus aux frictions internes et aux désintégrations de certains isotopes à courte durée de vie (Al26 notamment). Le corps sphérique se retrouve désormais avec un cœur métallique et une croûte rocheuse. Par la suite, le cœur métallique liquide a tendance à dissiper sa chaleur et à cristalliser. Cette chaleur va se dissiper dans les couches supérieures rocheuses. A noter que des astéroïdes de taille différente auront des temps de refroidissement très différents. Ceux-ci peuvent aller de 10 000 ans à 10 millions d’années. Dans un premier temps le mélange de fer/nickel central cristallise en un solide riche en nickel appelé taénite. Puis, quand le liquide restant est suffisamment appauvris en ce métal, la kamacite (taux de nickel entre 4 et 7.5%) remplis les interstices. Ces deux espèces minérales ont un système cristallin de type cubique à face centrée. En 1804, le chimiste William Thompson fait un polissage sur une partie métallique de la météorite de Krasnoïarsk (une pallasite) et attaque cette surface avec de l’acide nitrique. La taénite, riche en nickel, fut moins attaquée que la kamacite, et une structure macroscopique de cristallisation en forme de filet apparut sous ses yeux. Mais malheureusement pour Thompson qui ne croyait pas du tout en l’existence des météorites, l’histoire ne retenue que le nom d’Aloys Von Widmanstätten (un chimiste et porcelainier de son état) qui réitéra en 1808 cette expérience avec la météorite de Hraschina et conclue à l’origine extra-terrestre du spécimen. Les structures de Widmanstätten sont typiques de la majorité des météorites métalliques, et servent de premier test pour définir l’origine d'un bloc de fer trouvé dans la nature. Les sidérites se subdivisent en trois catégories principales : les Ataxites (contenant de 16 à 32% de nickel), les Octaèdrites (les plus courantes, avec 7 à 15% de nickel), et les Hexaèdrites (5 à 6% de nickel).