Toutes les météorites sont précieuses !

Chondrite carbonée CK

Chondrite carbonée CK

(possiblement appariée à NWA 11707 - CK4)

La météorite est très fraîche. La croûte de fusion présente les craquelures que l'on observe parfois sur certaines météorites lors d'un refroidissement rapide après la rude traversée de l'atmosphère. Sous la bino, de nombreux petits chondres sont visibles en relief au niveau des cassures, ainsi que de petites inclusions plus claires. Sa ressemblance flagrante avec NWA 11707, tant au niveau de la structure interne que de la croûte de fusion, indique fortement qu'il s'agit d'une pierre appartenant à la même chute.

Pierre complète de 73,2 g avec croûte de fusion à 85%

https://www.lpi.usra.edu/meteor/metbull.php?code=66864

Les chondrites de type CK sont nommées d’après la météorite de Karoonda, tombée en Australie en 1930. Le nombre de météorites de cette classe est resté très limité jusqu’à la découverte de la richesse des déserts chauds et froids (386 carbonées CK dans les collections mondiales à mi-2019). 
On a pensé pendant très longtemps que, comme les autres chondrites carbonées, les CK restaient proches du type primitif 3 (la majorité étaient soit classifiées CK3, soit CK4). La découverte de météorites de type CK5, puis CK6, a montré qu'une altération métamorphique, même intense, était monnaie courante pour ce groupe de chondrite, au contraire des autres classes de chondrites carbonées pour lesquelles cela reste exceptionnel.  
De nature très oxydées et très riches en matrice (75%), les CK sont rapprochées des CO et des CV de par leur rapport isotopique de l’oxygène, et par certains comportements chimiques proches. Il est d’ailleurs à noter que quelques chondrites CK furent tout d’abord classées en CV4 ou CV5...

La carbonée CM2 Jbilet Winselwan

JBILET WINSELWAN

Cette météorite a été découverte dans le désert en juin 2013 à seulement 7 Km de la ville de Smara, au Maroc. Le poids total de pierres ramassées est de l'ordre de 6 Kg. Elle est classée "chondrite carbonée CM2", comme la célèbre Murchison tombée en Australie le 28/09/1969.

Les CM2 contiennent une partie du matériau le plus primitif du système solaire précoce, c'est à dire des composés organiques complexes, dont des acides aminés. Elles contiennent aussi de l'eau. La présence de composés organiques volatils et d'eau indique une absence de chauffage significative depuis la formation de ces corps.

La composition des météorites classées CM2 est aujourd'hui considérée comme similaire à la composition de la nébuleuse solaire primordiale à partir de laquelle les planétésimaux et comètes se sont formés.

Pierre de 3,65 grammes avec croûte de fusion

Les CM sont ainsi nommées d’après la météorite "Mighei", tombée en Ukraine en 1889. Des études ont permis de démontrer la présence dans les CM de molécules organiques, en déséquilibre isotopique avec celles rencontrées sur notre planète. Celles-ci sont donc clairement d’origine non-terrestre. On en a recensé jusqu’à 230 dans une seule météorite, incluant 92 acides aminés et certaines bases chimiques du code génétique. Il s’agit généralement de molécules de petites tailles (de l’acide formique à l’adénine), et l’on a même pu parfois sentir une forte odeur d’acide acétique (vinaigre) lors de la découpe de certains spécimens.

Chondrite du Sahara (North West Africa)

CHONDRITE North West Africa

Cette météorite de belle qualité a été découverte dans le nord-ouest du Sahara en 2003. C'est une pièce que j'avais moi-même négocié à cette époque auprès d'un revendeur marocain. Elle revient définitivement dans ma collection 16 ans plus tard après être passée entre les mains de 2 autres collectionneurs...

Pierre complète de 892 grammes

La météorite d'ENSISHEIM, France

 ENSISHEIM

Le 7 novembre 1492, quelques semaines après la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, une pierre d'un peu moins de 130 Kg tombe à Ensisheim, en Alsace (France). Le phénomène sonore (boum supersonique) associé à la chute fut entendu à plus de 150 Km à la ronde.  

Cette météorite est la plus ancienne chute observée d'Europe a avoir été conservée. La météorite est classée en chondrite ordinaire LL6.

Ci-dessus à droite, une photo prise lors d'une visite au Musée de la Régence d'Ensisheim, au printemps 2009. A noter qu'après de multiples prélèvements effectués en 500 ans, la pierre ne pèse plus que 53,8 Kg. Très rarement, un tout petit bout de la météorite est disponible sur le marché des collectionneurs. Mais comme c'est déjà le cas pour la météorite de L'Aigle (Orne, France, 1803), les prix s'envolent...

Plaque fine pesant 0,5 g avec une large surface polie de 15x11 mm 

VOIR AUSSI L'ONGLET "ZOOM"

La pallasite SERICHO

SERICHO
En 2016, deux frères étaient à la recherche de leurs chameaux et sont tombés sur plusieurs grosses pierres, très denses, à l'ouest du village de Habaswein, au sud de Sericheo, au Kenya. Il n'y a pas de roches dans cette zone, alors ils ont pensé que c'était des météorites. Durant des semaines, Ils ont ensuite ramassé des centaines de spécimens avec des véhicules pour les stocker à leur domicile, à Habaswein. Les masses étaient en réalité connues des ber
gers de chameaux depuis des décennies. Un aîné du village a raconté qu'étant enfant, lui et ses frères jouaient avec les pierres. Au début du mois de janvier 2017, Michael Farmer a reçu un courriel avec une photo d'une pièce pesant 107 kg. Il a voyagé à Nairobi et a acheté cette pierre. Deux semaines plus tard, il retourna au Kenya avec Moritz Karl et se rendit à Habaswein. Là, on leur a montré plus d'une tonne de spécimens empilés dans les cours de deux maisons. Les deux collectionneurs ont évidemment acheté tout ce qu'ils pouvaient...
À ce jour (juillet 2019), plusieurs gros négociants à travers la planète parlent d'un poids total dépassant désormais les 10 tonnes, découverts dans une ellipse de chute longue de 45 Km, débutant à quelques km à l'ouest de Habaswein et jusqu'au sud de Sericheo, dans le comté de Isiolo. Les plus petits morceaux ont été trouvés plus près de Habaswein, mais toujours dans le comté de Isiolo. Le filon semble s'épuiser et on remarque que les prix commencent à grimper...
Les pallasites sont les plus belles météorites car elles contiennent des cristaux gemmes d'olivine. Deux théories s'affrontent de nos jours quant à leur origine. Soit ce sont des brèches d'impact constituées de fragments internes d'un astéroïde détruit par une collision. Soit elles proviennent d'une région particulière située entre le coeur et le manteau d'un petit astéroïde différencié, détruit lui aussi suite à une violente collision. A suivre...

La forme très déchiquetée de ce spécimen donne une idée de la formidable explosion atmosphérique qui a donné lieu ensuite à une pluie de fragments sur une très large ellipse de chute.
Fragment complet de 3 Kg !! (2963 grammes)

CLIQUEZ SUR LES IMAGES AFIN DE LES AGRANDIR

Comme toutes mes autres SERICHO achetées depuis début 2018, cette pièce a été passée au Rustol incolore afin de la protéger. Cela lui donne un aspect plus sombre et vernissé, et fait ressortir les olivines de surface. Souvent annoncée comme non stable, aucune de mes SERICHO ayant subit ce simple traitement n'a bougé depuis.

Prochainement en collection ?? l'Angrite Sahara 99555

SAHARA 99555

Découverte en mai 1999 dans le désert du Sahara par Marc, Luc et Jim LABENNE, la pierre de 2,71 Kg (photo ci-dessus) s'est avérée être un type extrêmement rare de météorite : une Angrite ! Elle est datée de 4,5662 milliards d'années. Cette angrite est une roche magmatique crustale composée principalement d'anorthite (33%), de fassaïte (24%) et d'olivine zonée riche en magnésium (23%). Un excès de magnésium 26 suggère que l'aluminium 26 a provoqué la fonte du planétésimal qui est devenu le corps parent.

La météorite type est "Angra dos Reis", tombée au Brésil le 30 janvier 1869. L'abréviation d'usage pour cette famille de météorite est ANG. A noter qu'en ce milieu d'année 2019, trente météorites seulement appartenant à ce type sont répertoriées dans les collections mondiales.

Ce groupe ne comporte à ce jour (mi-2019) qu'une seule chute connue : Angra dos Reis. Après la trouvaille de d'Orbigny en Argentine, seules les découvertes de météorites dans les déserts froids et chauds ont permis de constituer ce groupe. Ce sont des achondrites pauves en silice, riches en calcium où les éléments alcalins sont absents. L'étude de ces météorites démontre que des activités magmatiques sur des objets différenciés a débuté très tôt après les premières phases d'accrétion des matériaux du disque proto-planétaire. Les angrites ont été datées à une moyenne de 4,564 Ga.

Quelques grammes à venir en collection ??

https://www.lpi.usra.edu/meteor/metbull.php?code=23065