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Toutes les météorites sont précieuses !

L'exceptionnelle météorite ORGUEIL :

LA METEORITE « ORGUEIL »

Dans la soirée du 14 mai 1864, aux alentours de 20 heures, un bolide passant au sud de Montauban explose en de multiples fragments et quelques-uns s’échouent sur le territoire de la commune d’Orgueil, d’où le nom de cette chute.

Dès le lendemain de l'évènement, les « Orgueillois » en avaient déjà ramassé l'essentiel, soixante-trois morceaux, soit une masse totale d'environ 14 kg. Le musée de Montauban en a décroché 1,3 kg. Le muséum national d'histoire naturelle en possède toujours la plus grosse part avec 11 kg. D'autres bouts plus petits ont filé dans les plus grands musées du monde, à Toulouse, Prague, Berlin, Moscou, New-York... Un échantillon est même soigneusement gardé sous cloche au Vatican.

La météorite d’Orgueil a été officiellement classée en chondrite carbonée CI1. Un type excessivement rare qui ne compte que 8 autres individus (mars 2021). Toutefois, la chute d'Orgueil reste la référence du groupe, et elle est même soupçonnée d'être d'origine cométaire !

Deux beaux fragments d'un poids total de 0.487 gramme

(L'un de 8 mm, en arrière plan et non visible sur la photo & un majeur de plus de 10 mm)

Provenance : collection & certificat d'authenticité Luc LABENNE

https://www.lpi.usra.edu/meteor/metbull.php?code=18026

Voir l'onglet  "Zoom : ORGUEIL"

 

Chondrite carbonée CM2 de 14,8 grammes :

Tout comme ses cousines Allende et Murchison, il s’agit d’une météorite de type carbonée, ce qui en fait la précieuse mémoire des conditions physico-chimiques complexes qui régnaient dans la nébuleuse proto-solaire.

En effet, les données recueillies dans les entrailles de ces météorites semblent aujourd’hui compatibles avec l'hypothèse d'une supernova ayant déclenché l'effondrement d'un petit nuage moléculaire il y a plus de 4,57 milliards d'années. Et c’est de là que tout a commencé pour notre système solaire.

Mais avant d’en arriver à valider ces conclusions, puis à s’exposer dans nos vitrines, les météorites issues du Sahara doivent d’abord parcourir un long périple sur notre propre planète. Et ça a bien sûr été le cas pour cette jolie et rare petite « chondrite carbonée CM2 » de 14,8 grammes qui fut découverte vers 2017.

Après avoir lu et entendu tant d'histoires, voilà un des scénarios possibles d'une époque où les météorites circulaient encore librement au Maroc... (Lire aussi l'onglet "Zoom : météorites NWA").

Avec leur véhicule parfois vétuste, certains marocains tentent leur chance dans le Sud. Ils partent avec tout l’argent liquide qu’ils possèdent dans l’espoir de conclure l’affaire du siècle. Sur plus d’un millier de kilomètres, ils empruntent des routes poussiéreuses, parfois celles des anciens trafiquants d’épices. Ces aventuriers traversent d’immenses zones inhabitées, puis les ergs afin de tenter de rejoindre des nomades. Ces derniers parcourent le désert algérien ou Mauritanien avec leur troupeau, et parfois trouvent de véritables pépites. Désormais aguerris par le fait que ces pierres ont une valeur marchande, ces bergers gardent d’ailleurs souvent précieusement à l’intérieur de leur manteau les cailloux qu’ils estiment les plus précieux.

Ce jour-là, un de ces négociants en quête de fortune s’arrête pour discuter et tenter sa chance auprès d’un groupe qui semble avoir déniché quelques spécimens. Renseignement pris, personne rafflant les éventuels trésors n’est passé avant lui depuis leur sortie du désert. Il a donc toutes ses chances de conclure une affaire avec ces nomades s'il y a quelque chose d'intéressant à acheter.

Parmi les pierres sans grand intérêt, l’une d’elle sort du lot. Au soleil, le caillou reste noir comme du charbon, avec de minuscules inclusions grisâtres. On devine encore sa croûte de fusion par endroit. C’est une météorite, c’est sûr. Pourtant, le berger qui l’a découverte ne saura jamais ce que c’est vraiment. Pour le savoir, il lui faudrait la montrer à un vrai connaisseur, et quelqu’un d’honnête. Ou alors faire une classification. Mais pour cela, il faudrait envoyer un échantillon dans un laboratoire, aux Etats-Unis, en Europe ou dans une grande Université. Seuls les riches marchands le font depuis la ville. Une fois reconnue, elle peut être ensuite revendue au juste prix, souvent découpée en tranches afin d’en maximiser le profit. Mais ici dans le désert, loin de tout, quelle valeur donner à ce caillou noir d’une quinzaine de grammes ?

Le berger va donc le brader et le céder à notre aventurier pour quelques maigres billets, avec un lot d’autres pierres plus ordinaires trouvées par ses acolytes, toutes suspectées d’être bien d’origine céleste. C’est ainsi. Et c’est grâce à cette méconnaissance que certains depuis des décennies se sont enrichis.

D’autres au contraire ont tout perdu, car ils n’ont pas eu le nez et ont acheté à prix d’or des cailloux qui n’étaient pas extraterrestres… Ou des météorites dites "chondrites ordinaires", à un prix bien au-delà de leur valeur sur le marché internationnal. Ou encore parce que leur véhicule les a abandonné en cours de route, et qu'ils se sont retrouvés perdus au milieu de nulle part. Ou pour je ne sais quelle autre dramatique raison. La chasse à la météorite est tout sauf facile.

Notre aventurier a eu de la chance jusqu’au bout sur ce coup. Après avoir rencontré plusieurs groupes de nomades et multiplié les achats, il parvient à rejoindre sans encombre l’un de ses contacts en ville qui lui donne en cash 2 fois tout ce qu’il a dépensé depuis son départ. Il s'adresse là à un vrai connaisseur en météorites, collectionneur et négociant, connu et renommé, et qui sait parfaitement les identifier et les monnayer. La fameuse pierre noire d'une quizaine de grammes est immédiatement regardée de près et son type identifié. Dans la foulée, elle est mise sur le marché mondial grâce à internet avec un tout nouveau prix, beaucoup plus élevé cette fois. Très vite, elle trouve néanmoins preneur auprès d'un autre marchand situé à l'autre bout du monde. Puis elle sera achetée par Isabelle POTHIER, collectionneuse française, avant qu'à son tour elle me la cède, son prix restant encore attractif pour cette catégorie rare de météorite.

En ce qui me concerne, je suis en bout de chaine, et je n’achète qu’à des revendeurs ou collectionneurs se trouvant sur le territoire français. J’imagine donc à peine tout ce que cette petite pierre a dû réellement traverser, et quels ont été tous les intermédiaires depuis sa découverte fortuite par un bédouin au beau milieu du Sahara africain, jusqu’à son arrivée dans une de mes vitrines en ce mois de décembre 2020, où elle peut enfin exposer sa beauté céleste, juste pour le plaisir des yeux.

Détail de la croûte de cette CM2 de 14,8 grammes :

Carbonee cm2 meteorite 14 8 g

 

 

L'historique météorite de L'AIGLE :

L'AIGLE, Orne, France

Le mardi 26 avril 1803, en ce début d'après-midi, des paysans travaillent aux champs dans la petite commune de L'Aigle, en Normandie. Le temps est calme, le ciel limpide, quand soudain retentissent plusieurs explosions semblables à des coups de canon. A la stupeur de tous, une averse de pierres s'abat sur la campagne. On en ramassera près de 3000 (la plus grosse pesant environ 8 Kg), que l'on confiera pour analyse au physicien Jean Baptiste BIOT. Après de longues et minutieuses investigations, celui-ci rendra son rapport à l'académie des sciences. C'est ce rapport qui va tout changer. Jean Baptiste BIOT déclare que ces chutes sont bien d'origine cosmique. Pour la première fois, "les pierres qui tombent du ciel" viennent de quitter le domaine du mythe pour entrer officiellement dans celui de la science.

La météorite de L'Aigle fut classée en chondrite L6. Le poids total de la chute est de l'ordre de 37 Kg. La majorité des pierres et fragments sont depuis conservés au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris. Cette météorite est devenue un véritable monument historique. Elle est très difficile aujourd'hui à trouver sur le marché, qui plus est, à un prix abordable... C’est donc au Muséum de Paris que l’on peut admirer les météorites les plus grosses récupérées en 1803. Certaines sont aussi exposées à Vienne, Londres, Budapest, Berlin, Bonn, Chicago, Stockolm, Washington, New-York, Dublin, et même en Russie ! Dans toutes ces villes et dans tous ces pays, les musées exposent une partie de la chute de la météorite de L’Aigle !

Je me suis rendu sur place pour la première fois avec d'autres collectionneurs au printemps 1993. Nous avions arpenté les lieux célèbres dans l'ellipse de chute où furent récoltées les milliers de pierres. J'y suis retourné en pélerinage 25 ans plus tard (printemps 2018), avec toujours autant d'émotion.

Plaque polie de 3,8 grammes (28x18x4mm)

(Collection & certificat d'authenticité Alain et Louis CARION)

VOIR AUSSI L'ONGLET "ZOOM"

 

 

 

L'Angrite découverte par LABENNE Météorites :

SAH 99555

Une météorite de 2,71 Kg a été découverte par Marc, Luc et Jim LABENNE dans le désert du Sahara lors d’une expédition en 1999. A l’analyse, il s’est révélé qu’il s’agissait d’un type exceptionnel : une achondrite Angrite (pour Angra Dos reis, Brésil, tombée le 30 janvier 1869, la première de ce type collectée et analysée). SAH 99555 est une roche magmatique crustale composée principalement d'anorthite (33 %), de fassaïte (24 %) et d'olivine zonée riche en magnésium (23 %).

A ce jour (janvier 2021), seulement 35 météorites sont classées ainsi !

Sahara 99555 (SAH 99555) est le plus ancien échantillon d'Angrite daté, et elle est seulement environ 2 millions d’années plus jeune que l'âge du système solaire (4,457 milliards). La météorite ne montre aucune brèche ou altération post-refroidissement du corps parent, et elle ne présente pas de signe d'altération terrestre significative. Par conséquent, des expériences paléomagnétiques ont été entreprises pour la première fois afin de découvrir si la météorite contenait un paléomagnétisme primaire, et aussi pour déterminer une estimation de paléointensité de sa minéralogie ferromagnétique. Les études montrent que le principal minéral ferromagnétique est la magnétite et qu'il existe également des minéraux ferromagnétiques accessoires, notamment la titanomagnétite et l'hématite. Et en conclusion, il semble qu'effectivement, SAH 99555 ait enregistré un « paléo-champ primaire » lié au corps parent où elle se trouvait, ce qui serait le plus ancien enregistrement paléomagnétique connu identifié dans une roche planétaire ! D'autres études sont suggérées pour vérifier ces conclusions, mais cela fait de la météorite SAH 99555 un nouvel élément clé dans la compréhension du système solaire primitif.

Fragment interne de 5,9 grammes

(Merci à Luc LABENNE, le co-découvreur !)

https://www.lpi.usra.edu/meteor/metbull.php?code=23065

SAH99555, détail du fragment de 5,9 grammes :